Note par Raymonde – À la faveur de la messe du 1er scrutin des catéchumènes, les textes ont été changés et nous avions ce dimanche le passage d’Évangile de la Samaritaine…
« Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle »
(Évangile de Jésus Christ selon sain Jean 4, 5-42)
Actuellement 700 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, soit 9 % de la population mondiale et souvent la population doit marcher plus de 30 minutes pour accéder à un puits. Ainsi le puits est-il un lieu de rencontre où le plus souvent ce sont les femmes qui viennent chercher l’eau.
C’est là que Jacob a rencontré sa femme dans l’Évangile d’aujourd’hui et que le Christ rencontre la samaritaine. Jésus est fatigué, c’est un homme qui a marché sous le soleil, qui a besoin de se reposer, à midi, l’heure la plus chaude de la journée et rentre en contact avec elle en lui disant « donne-moi à boire ». Elle est surprise qu’un homme puisse s’adresser à elle, qu’un juif lui demande ce service, car elle fait partie d’une communauté juive en marge.
Cette rencontre débouche sur quelque chose de fécond face à l’humilité de Jésus, qui s’adapte, qui cherche à la comprendre, elle commence à prendre conscience de toutes les soifs et les désirs qui l’habitent. « Si tu savais le don de Dieu » poursuit Jésus : c’est ainsi que tout commence. Elle sait profondément que Jésus est capable de combler ses aspirations les plus secrètes, et elle demande de cette eau vivifiante. Cette eau c’est le baptême, que Jésus nous propose : un baptême qui étanche toutes nos soifs. Le Carême, chers frères et sœurs et catéchumènes, comme le souligne le pape François, est un temps favorable pour regarder en nous, pour faire apparaître nos soifs, nos besoins spirituels les plus vrais, et de demander de l’aide au Seigneur dans la prière. L’exemple de la Samaritaine nous invite à demander à Jésus de nous donner cette eau qui étanchera nos soifs pour l’éternité.
Cette parole de Dieu est une parole de Vie, qui coule et entraine tout sur son passage comme le torrent qui dévale dans la vallée au printemps après les fontes des neiges. Cette parole ne nous appartient pas : elle est pour tout le monde, les étrangers, les malades, les plus démunis, peu importe son appartenance culturelle. Chers catéchumènes, le Christ nous révèle le message de Dieu qui cherche des hommes et des femmes qui aiment en Esprit et en confiance et se donnent en vérité complétement, en partageant le souffle de l’Esprit. C’est avec lui que nous pouvons aimer Dieu et dépasser tous les clivages qui nous enferment : incompréhensions, violences, addictions, peur de l’Autre.
Parfois un collègue un ami nous confie ses difficultés familiales dans un échange direct et en confiance et nous l’écoutons. La Samaritaine commence aussi à dévoiler son intimité : ses échecs de cette vie conjugale complexe. Jésus n’est pas là pour la juger, pour nous juger, mais pour accueillir toute parole. Il nous aime sans condition et nous n’avons pas à le mériter, là n’est pas la question. Il nous révèle une espérance dans la vie qui est plus forte que la mort. Une parole qui réoriente, surprend et nous engage dans de nouveaux chemins de vie au quotidien : au travail, en famille, dans la paroisse.
Cela m’engage à accueillir la nouveauté, les joies mais aussi les épreuves de la vie comme la maladie, les addictions, qui sont nombreuses, qui se présentent à nous. Comme Gilles qui a traversé de nombreuses épreuves, maladie, addictions et errance. Après deux ans à la rue, il découvre l’association Lazare qui lui offre un cadre structurant et solidaire pour se reconstruire : il reprend confiance et veut lancer un projet artistique. En sachant que l’on n’est pas seul, avec le Christ qui nous accompagne et nous donne son Espérance, on peut reprendre confiance avec les autres.
Ainsi, chers cathéchumènes toute la communauté est là pour vous accompagner, pour vous soutenir dans votre démarche de foi, votre chemin de Vie et dans votre recherche du dieu vivant : vous n’êtes pas seul(e). Nous avançons ensemble et nous formons ensemble le Corps du Christ chacun d’entre nous. AMEN